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Ce blog est destiné à servir de support à des actions et des échanges relatifs à l'insécurité routière et aux nuisances sonores liées au trafic dans l'entité du village de BOUSVAL (BRABANT WALLON)

Les petits trésors de BOUSVAL (4)...

Publié le 1 Octobre 2016 par dominique VANESPEN in AUTRES

Les petits trésors de BOUSVAL (4)...

« Il était une fois… »

« En ce temps-là, les eaux de la mer recouvraient notre sol. Lorsqu’elles se retirèrent, nos collines de l’ère tertiaire apparurent comme des dunes de sable bruxellien recouvertes d’une mince couche de limon et laissant apparaître par endroits comme à La Motte, Wanroux, Basse-Laloux et la Tassenière des affleurements plus anciens de quartzite et de phyllade (roche dure qui se divise facilement en feuillets et qui a servi à la construction de nombreux anciens bâtiments notamment l’abbaye de Villers) »

« Mais abandonnons ces explications ; elles sont trop savantes et risqueraient de nous brouiller avec nos lecteurs. »

Ainsi s’exprimait Georges DELTOUR dans le deuxième chapitre de son fameux livre intitulé « Si Bousval m’était conté », qui paraissait en 1956.

Dans son rapide survol de la « Préhistoire » du village, l’auteur se bornait à préciser qu’à certains endroits disséminés de son territoire, et notamment les « Grands fossés » de Saint-Donat, on pouvait trouver des « cailloux de sable » aux formes bizarres, et qui étaient souvent percés d’un cylindre, vestige probable d’un ver marin pétrifié.

Concrétion de sable. Rue Haute. BOUSVAL (échelle cubique au centimètre).

Concrétion de sable. Rue Haute. BOUSVAL (échelle cubique au centimètre).

Piste probable de déplacement de ver marin.

Piste probable de déplacement de ver marin.

Autre piste de déplacement de ver marin.

Autre piste de déplacement de ver marin.

Idem.

Idem.

Ces affleurements de sables dits « de Bruxelles », très typiques, que les spécialistes décrivent comme « grossiers quartzeux blanchâtres, jaunes, gris verdâtre, altérés ocres », avaient même livré quelques fossiles (une carapace de tortue et un crâne de poisson) dans les environs de Promelles, mais on les trouve également au sud de Bousval, entre le chemin creux de « Basse Lalou » et la ferme de la Baillerie.

Car ces paysages qui font partie de notre quotidien, à l’instar du village et de ses habitants, ont eux aussi leur origine et leur petite histoire !

Ainsi, dans la direction de NIVELLES, ce sont plutôt de larges plateaux limoneux favorables à l'agriculture et généralement en pente insensible vers le Nord, qui constituent un paysage mollement ondulé, tandis que vers l’Est, nos « Ardennes brabançonnes » forment un relief plus accidenté, avec les deux vallées principales de la Dyle et de la Thyle, leurs affluents secondaires (comme le Cala, la Falise ou le Ri d'Hé), de même que des versants abrupts et boisés marqués par une dénivellation qui dépasse souvent les cinquante mètres.

Il ne faut toutefois guère s’y tromper, car la géologie est une science dont la complexité est insoupçonnable pour le commun des mortels que nous sommes !

Ainsi, cette couverture dite « cénozoïque », récente en termes de temps géologique, recouvre en réalité des terrains beaucoup plus anciens, des formations rocheuses dites « calédoniennes », qui ne sont visibles que sur des aires limitées, aux bas des versants des vallées principales.

Quoique à NOIRHAT et à BOUSVAL même, les affleurements soient peu nombreux et de « mauvaise qualité » - en terme d’observation scientifique s’entend -, certains auront peut-être eu la surprise de les rencontrer à l’occasion de travaux, en se heurtant d’une manière très inattendue à une roche compacte et particulièrement dure.

Fragment de roche paléozoïque. Rue Haute à BOUSVAL

Fragment de roche paléozoïque. Rue Haute à BOUSVAL

Fragment de roche paléozoïque. Rue Haute à BOUSVAL (autre face)

Fragment de roche paléozoïque. Rue Haute à BOUSVAL (autre face)

Cela ne va pas sans incidences pratiques, puisque certains auront entendu parler du radon, ce gaz radioactif naturel qui provient de la désintégration de l'uranium.

Contenu en très faibles quantités dans le sous-sol, il peut - en migrant vers la surface -s'accumuler dans les bâtiments et exposer les habitants à un risque accru de cancer du poumon.

Une autre conséquence notable de cette présence d’un « socle paléozoïque » sera son exploitation aquifère à la source de l'Usine d'eau minérale de Bousval, où des analyses chimiques avaient démontré que l'eau était très pure et exempte de matières organiques.

Mais c’était avant la Mondialisation, puisqu’elle avait été rachetée à la fin des années soixante, par une firme de sodas bien connue, pour mieux être fermée dans la suite immédiate.

Bref, pour ceux qui s’intéressaient aux origines lointaines de leur cadre de vie et qui souhaitaient en savoir plus, au-delà des paysages de randonnées, une promenade géologique permit voici quelques années déjà de tenter d’apercevoir ce qu’il y avait en dessous.

Cette excursion didactique était organisée (5 mai 2007) par le GEST, « Groupe d’Etude des Sciences de la Terre », une association d’amateurs et de professionnels dont les locaux étaient situés à BRUXELLES et dont votre serviteur fut le secrétaire (désigné volontaire) durant de très nombreuses années**.

Notre guide du jour était le professeur Alain HERBOSCH, de l’Université Libre de Bruxelles, qui enseignait la sédimentologie à la Faculté des sciences (Département des Sciences de la Terre et de l'Environnement), où il réalisait des levés géologiques de même qu’il dirigeait des excursions destinées à illustrer les cours de géologie sur le terrain.

Alain HERBOSCH, sédimentologue à la Faculté des Sciences de l'ULB. 5 mai 2007 Photo D VANESPEN

Alain HERBOSCH, sédimentologue à la Faculté des Sciences de l'ULB. 5 mai 2007 Photo D VANESPEN

Comment remonter le temps sur 450 millions d'années... Photo D VANESPEN

Comment remonter le temps sur 450 millions d'années... Photo D VANESPEN

L’occasion était à ne pas manquer, puisque le guide de cette excursion n'était ni plus ni moins que l’auteur de la nouvelle « carte géologique Nivelles-Genappe », publiée en 2000, celle qui couvre dans la Province du Brabant et à l’échelle 1/25.000 les communes de NIVELLES, GENAPPE et COURT-SAINT-ETIENNE*

La version précédente datait de 1893 !

Ce travail d’« étude stratigraphique, sédimentologique et géochimique du Cambro-Ordovicien du Massif du Brabant » a été effectué dans le cadre du programme de révision des cartes géologiques de la Wallonie, qui est financé par la REGION WALLONNE (Direction Générale des Ressources Naturelles et de l’Environnement), en collaboration avec le Service Géologique de Belgique, l’Université Libre de Bruxelles, la Faculté Polytechnique de Mons, l’Université Catholique de Louvain et l’Université de Liège.

Des explications fort techniques pour une assistance de simples curieux de la Nature. Photo D VANESPEN

Des explications fort techniques pour une assistance de simples curieux de la Nature. Photo D VANESPEN

Et une sécurité relative, le long de la voie de chemin de fer (Chevlipont, entre TANGISSART et VILLERS-LA-VILLE) Photo D VANESPEN

Et une sécurité relative, le long de la voie de chemin de fer (Chevlipont, entre TANGISSART et VILLERS-LA-VILLE) Photo D VANESPEN

Mais le soleil était de la partie...

* nous en publions ci-dessous la notice explicative, ainsi que le résultat d'un sondage effectué dans les années soixante

** mais pour ceux qui auraient la très mauvaise idée de traiter le créateur de ce site de "néo-rural", qu'ils sachent bien - pour autant que cela ait la moindre importante pour les sujets qui nous concernent - que l'intéressé est né dans un village de WALLONIE, à côté d'une ferme, et réside depuis trois décennies dans un autre village de WALLONIE.... à côté d'une autre ferme.

Notice explicative de la CARTE GEOLOGIQUE NIVELLES-GENAPPE 2000

Professional Papers n°8 - Geological Survey of Belgium - ©2003

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